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Marc Cantin est né le 21 avril 1967 à 18h03 précises ou à peu près. Au terme d’une scolarité assez originale (il a décroché son bac à 30 ans !), il pratique différents métiers qui n’ont rien à voir avec les livres. Depuis une dizaine d’années, il est écrivain. Et il est devenu extrêmement sérieux. Il travaille 24 heures sur 24 ! Son emploi du temps se décompose ainsi : - Pendant vingt heures, il réfléchit (dans son lit, à la piscine, au supermarché, en jouant du piano, en buvant du café, en allant chercher ses enfants à l’école…). C’est la phase de préparation. - Puis, durant deux heures, il fixe son ordinateur. Sans bouger et sans cligner des yeux. C’est la phase de concentration. - Ensuite, pendant une heure, il téléphone à ses éditeurs et à ses amis illustrateurs. C’est la phase de communication. - Et la dernière heure, il la consacre a ranger son bureau pour le retrouver en ordre le lendemain. C’est la phase… de rangement. Préparation, concentration, communication et rangement, voici la recette du succès de Marc Cantin. Le plus incroyable, c’est que ça marche !!! Ah. Dernier détail. L’auteur vit en Bretagne avec sa ravissante femme Isabelle et ses enfants turbulents.
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Avez-vous un autre métier ? Non… A force d’écrire des livres, j’ai bien peur de ne plus savoir faire que ça !
Depuis quand écrivez-vous ? Disons 1995. J’ai commencé dans les magazines de presse jeunesse (Moi Je lis, Toboggan…)
Ecrivez-vous seulement pour les enfants ? Oui. Les personnages que je mets en scène sont presque toujours des enfants ou des adolescents. De plus, j’aime la « littérature jeunesse », un domaine qui bouge beaucoup, où les nouvelles idées sont généralement bien accueillies.
Combien avez-vous écrit d’histoires ? Peut-être deux cent en presse et une soixantaine en librairie. En vérité, je ne les compte pas. Je ne peux donc pas être très précis à ce sujet… Désolé.
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Combien avez-vous vendu de livres ? Je ne compte pas les livres publiés, alors je ne vais pas compter les exemplaires vendus !!! Disons que j’ai beaucoup de chance car mes livres se vendent plutôt bien. Ça va comme réponse ?
Trouve-t-on vos livres dans d’autres pays ? Là aussi, j’ai de la chance. Certains de mes livres sont traduits au Japon, en Corée, au Mexique… et dans plusieurs pays européens. Je garde précieusement ces exemplaires et j’aime cette idée que mes histoires font un petit tour du monde… pendant que j’en suis encore à me demander où je vais partir en vacances cet été !
Vous déplacez-vous dans les écoles ? Hélas, non. Je n’en ai pas le temps. En revanche, je réponds à tous les courriers qui me sont adressés.
Marc Cantin vu par l’illustrateur J.E. Vermot-Desroche !!! |











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Votre formation ? Maîtrise de lettres modernes et Master en communication… je plaisante, bien sûr ! Je n’ai aucun diplôme. Ah, si, juste un BAC mais je l’ai passé à 30 ans pour rigoler.
À quel "héros"/ personnage de fiction vous identifierez-vous volontiers ? Je serais assez tenté par Calvin… Non, plutôt par Hobbes, finalement.
À part être écrivain ou illustrateur, que rêveriez-vous d'être ? Pas président, c’est sûr, même pour avoir une belle montre ! J’aimerais mieux travailler directement avec des enfants. Être enseignant, par exemple. Mais pas en France. Dans un pays étranger, dans un petit village perdu au milieu des montagnes (C’est vous qui m’avez demandé de rêver !)
Où écrivez-vous? Quel est le lieu qui vous inspire le plus ? Dans un bureau terriblement commun. Je n’ai pas besoin d’un lieu particulier. Quand j’écris, je suis dans mes histoires. Le décor qui m’entoure réellement n’existe plus.
Quel est le thème que vous aimez davantage traiter ? La différence, le respect de l’autre.
Quel est votre outil favori ? L’ ordinateur. C’est génial, on peut rater, recommencer, retoucher, modifier… et ça reste lisible (contrairement à un cahier !).
Que redoutiez-vous enfant ? La violence. Elle était présente et me terrifiait. J’avais l’impression que les êtres humains ne se contrôlaient plus et devenaient des monstres. Bon, c’est pas très marrant, ça. Vous arrive-t-il de côtoyer des êtres imaginaires ? Non, ça va, j’ai encore toute ma tête.
Qu'avez-vous conservé de l'enfance ? Le goût pour les choses qui paraissent impossibles.
Selon vous, qu'est-ce qui fait vendre un livre ? Le goût des lecteurs pour les choses qui paraissent impossibles !
Selon vous, qu’est-ce qui fait un bon illustrateur? L’envie de donner du plaisir au lecteur. Sans cette générosité, à mon avis, c’est difficile…
Comment avez-vous rencontré les illustrateurs avec qui vous avez travaillé? C’est souvent les éditeurs qui les choisissent. Mais certaines rencontres ont donné lieu à des collaborations. Je trouve que la complicité, et la confiance, sont peut-être plus indispensables en BD car le découpage est souvent une part commune entre le scénariste et l’illustrateur. La plupart de ces collaborations « étroites » se font donc avec des illustrateurs géographiquement proches.
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Est-ce que la relation auteur/illustrateur est difficile? Non. L’auteur doit être capable admettre que l’illustrateur va interpréter son histoire et il doit lui laisser cet espace de créativité. C’est humainement nécessaire, mais c’est aussi dans l’intérêt du livre, car la première chose que regardera le lecteur, ce qui le guidera dans son choix, ce sera l’illustration. L’illustrateur doit donc investir le récit et les personnages. À l’arrivée, ce ne sera peut-être pas ce que l’auteur aurait souhaité, mais si le dessin respecte l’esprit du récit, c’est gagné. En résumé, il faut communiquer, respecter le travail et les compétences de chacun, et, en général, tout va bien.
Quel qualificatif vous colle à la peau ? Travailleur. On me dit toujours que je travaille beaucoup. C’est bizarre, je ne le ressens pas vraiment… Sans doute parce que j’aime mon métier.
Quel est l'animal auquel vous ressemblez le plus ? Pourquoi ? Un hibou, méfiant, mais pas méchant.
Quel est le mot que vous préférez dans la langue française ? Respect. Il est, selon moi, la clé des rapports humains réussis.
Comment est né votre premier livre pour la jeunesse? Un accouchement facile, pourtant prématuré. Mais bon, les naissances sont toujours surprenantes !
Quel livre en littérature de jeunesse auriez-vous voulu écrire ou réaliser à la place d'un autre ? Tous les livres de Roald Dahl.
Un livre pour la jeunesse qui vous a marqué petit ? Je ne lisais pas beaucoup. Seulement des BD, les séries « Mon journal » (petites BD souvent en N/B) comme Kiwi, Akim, Zembla, Mister No… Il y avait parfois des articles entre les BD, et des pages intitulées « Le saviez-vous ? » où étaient présentés des faits extraordinaires. Je lisais aussi les « Tout l’univers » et des livres sur les animaux.
Quels sont vos auteurs illustrateurs de référence ou qui pour vous développent une approche intéressante ? Quentin Blake. Je suis prêt à payer pour qu’il illustre une de mes histoires ! Son trait déborde d’émotion, il se lit au premier coup d’œil et le lecteur y puisse toutes les informations nécessaires. Et, en plus, il a beaucoup d’humour !
Une phrase (une devise) qui vous guide : « Essaie encore »
Si vous deviez donner un conseil à un jeune illustrateur. Quel serait-il? De prendre du plaisir… et de ne pas s’énerver si ça ne marche pas. Si l’argent n’est pas au bout, il restera au moins le plaisir. |