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J'ai consulté des pages internet de certains éditeurs pour la jeunesse. La plupart indiquent le nombre de signes que comportent leurs ouvrages mais ce nombre doit-il s'entendre espaces compris ou non compris ?
En général, on compte le nombre de signes avec les espaces. En terme de mise en page, un espace, c'est de la place, au même titre qu'une lettre.
Ce nombre de signes est-il une règle rigide chez les éditeurs ?
Chez la plupart, oui, puisqu'ils mettent en place des collections formatées. Plus le livre est court, plus ce nombre de signes est précis. Pour les livres plus volumineux, il y a une marge de tolérance. Pour les romans, le nombre de signes est plus libre. En « Hors Collection », il l'est en général totalement.
Je raconte des histoires à mes enfants. Je songe à les écrire pour en faire un livre. Qu’en pensez-vous ?
Le passage de l'oral à l'écrit me semble compliqué. La transposition est un domaine particulier qui relève plus de l'adaptation. Adapter un conte oral, c'est difficile et cela demande beaucoup de changements. On peut aussi partir d'une idée, qui devient un synopsis "lisible", puis un scénario, puis un plan (découpé par chapitre) permettant d'obtenir une vue générale de l'histoire, d'équilibrer les actions, de vérifier la portée de l'intrigue... C'est à dire commencer par l'écriture et rester dans l'écriture. En revanche, une lecture à haute voix, une fois le travail d'écriture achevé, peut s'avérer un bon moyen de prendre du recul sur son histoire, de la redécouvrir après avoir eu le "nez dessus" pendant des semaines.
Les éditeurs sont connus pour renvoyer des lettres types - pour les refus - mais comment savoir dans ce cas où le bas blesse ? Comment progresser ?
Un refus d'éditeur ne signifie pas que l'histoire est mauvaise; Il signifie que, selon lui, elle ne peut pas devenir un livre commercialisé. C'est très différent. En revanche, les refus permettent de passer à autres choses, d'inventer d'autres histoires. Et assez vite, quand vous relirez vos premières histoires, vous verrez que vous avez progressé. Petit à petit, les éditeurs vous adresseront des lettres personnalisées ou vous téléphoneront pour vous dire, plus précisément ce qu'ils attendent de vous.
Comment avez-vous présenté votre premier manuscrit par la poste... courrier simple ?... recommandé ?... recommandé avec AR ?
Simple courrier. Ensuite, quand vous serez publié, vous pourrez fonctionner par mail.
Pour le presse jeunesse, comment fait-on ? On envoie des textes aux revues comme pour les éditeurs ?
Oui. Mais là, les formats sont très précis. Il faut aussi faire preuve d'imagination pour trouver les thèmes pas encore abordés ou la 5875ème histoire de Noël pas encore racontée. Une fois que vous publiez régulièrement, les rédacteurs viennent vers vous pour vous commander directement des histoires. C'est plus facile car vous travaillez sur un thème. Mais au départ, il faut y aller à l'aveugle. De toute façon, ces premiers textes sont surtout destinés à vous faire la main et à montrer aux rédacteurs que vous savez écrire, que vous avez des idées et que vous savez respecter un format. Les retours personnalisés sont peut-être plus fréquents en presse jeunesse. Personnellement, avant de passer en "édition", j'ai écrit pendant deux ans pour la presse jeunesse (et je le fais toujours). Ce qui m'a permis d'apprendre à travailler vite et à adapter mes histoires aux besoins des revues. C'est une très, très bonne école. Cela peut paraître frustrant de ne pas raconter ce que l'on veut comme on le veut, mais c'est aussi important de savoir s'adapter aux possibilités de lecture d'un enfants de CP qui ne sont pas les mêmes qu'un enfant de CM2, par exemple. D'adapter la longueur de son récit, la tournure des phrases... bref, de rendre l'histoire accessible afin que le lecteur puisse en profiter.
Comment savoir à quel éditeur je dois envoyer mon manuscrit ? Sera-t-il lu ?
Chercher chez les libraires les collections qui pourraient accueillir vos textes (Formats, thèmes abordés, tranches d'âges...). Faites une sélection, puis, envoyez votre manuscrit par la poste. L'éditeur, ou ses assistants, liront votre texte, ou une partie s'il est long. Gardez à l'esprit que L'éditeur s'exprimera sur la capacité de votre histoire à devenir un livre, et donc aussi un produit commercial. La qualité du récit, c'est autre chose. C’est le privilège du lecteur d’en juger ! L'éditeur, lui, s'attachera à la compréhension, à la capacité technique du récit à être compris et lu par un enfant de tel ou tel âge, puis il passera à la commercialisation (savoir par exemple si le thème est "porteur", si l'ouvrage peut compléter sa collection...). C'est pour cette raison que l'éditeur publiera ce que certains considèreront comme de bons livres, et d'autres comme de très mauvais livres. Bref, ne cherchez pas chez l'éditeur une reconnaissance universelle qualitative et artistique qu'il ne peut vous donner. Seul le lecteur a ce pouvoir et ce droit de dire simplement : J’aime ou j’aime pas.
Comment faites vous pour choisir le mode de conjugaison lorsque vous rédigez un texte. Comment choisir le présent au lieu du passé, de l'imparfait, etc ?
C'est le scénario qui dicte ces choix. A mon avis, l'écriture doit rester au service de l'histoire, et non l'inverse. Mais ce choix est parfois très compliqué. Aussi, je fais souvent plusieurs essais. J'écris un ou deux chapitres (choisis dans mon plan) et je les écris au présent, au passé, à la première personne, à la troisième...
Comment choisissez-vous le "je" plutôt que le "il". Autrement dit, comment choisissez-vous de faire raconter l'histoire par le héros ou par "un narrateur" La deuxième solution n'est-elle pas préférable pour les textes plus long ?
Tout dépend du point de vue que l'on veut offrir au lecteur. Là aussi, le scénario est le meilleur guide. Parfois, on peut se "permettre" un "je", et favoriser l'identification du lecteur au personnage principal. Mais cela signifie que le lecteur pourra seulement connaître ce que le personnage "voit". Il n'y a pas UNE solution. Chacune a ses points forts/faibles, ses avantages et ses inconvénients.
Dans le 1er épisode de Félix, vous utilisez le "je" mais vous racontez aussi une partie de la vie du passeur - Vie que Félix ne peut pas connaître dans le détail. malgré cela... J'en déduis qu'il n'y a pas de règle fixe...
Exact. Je ne suis pas le premier à le faire. C'est seulement un "artifice" de plus à disposition des écrivains. En jeunesse, c'est un peu plus délicat à utiliser. Mais dans Félix 1, c'est passé. Et j'ai continué dans les 2 tomes suivants. Je tenais absolument à cette narration à la première personne afin que le lecteur puisse se mettre dans la peau d'un Sans-papier (Ce que la TV ou les autres médias ne peuvent pas proposer). Seulement, pour faire vivre l'intrigue, j'avais besoin d'actions parallèles auxquelles Félix n'assiste pas. Du coup, malgré une narration à la première personne largement majoritaire, le lecteur finit par en savoir plus que le héros auquel il s'identifie. L'intensité dramatique augmente, mais il y a un grand risque de faire décrocher le jeune lecteur, peu habitué à ce genre de construction. Pour Félix, j'ai souhaité prendre ce risque en m'appuyant sur ma conviction que le personnage dégageait suffisamment d'émotion pour que le lecteur s'y raccroche ensuite.
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Vous m’envoyez beaucoup de questions autour du thème : « Comment se faire éditer ? ». Vous écrivez un peu, beaucoup, à la folie, mais toujours passionnément. Voici donc quelques questions-réponses qui pourraient vous intéresser... |